Mis à jour le 25/09/2026
Votre flotte automobile est l'un des premiers postes de dépense de l'entreprise après la masse salariale. Passer à l'électrique n'est plus seulement un choix d'image : c'est une décision financière, que les DAF et gestionnaires de parc doivent pouvoir chiffrer ligne par ligne. Pour y répondre, Benjamin Bury, directeur commercial de Qovoltis, et Dorian Jorry, cofondateur et COO d'Evera, ont comparé dans un webinaire le coût total de possession (TCO) de véhicules électriques et thermiques sur 5 ans. Cet article reprend leurs chiffres, les met à jour avec la fiscalité 2026 et détaille les leviers qui rendent une flotte électrique rentable.
Le TCO, seul indicateur fiable pour comparer électrique et thermique
Comparer deux véhicules sur leur seul prix d'achat ou leur loyer mensuel conduit presque toujours à une mauvaise décision. Le coût total de possession (TCO, pour Total Cost of Ownership) additionne tout ce qu'un véhicule coûte à l'entreprise sur sa durée d'utilisation : acquisition ou loyer, énergie, entretien, assurance, fiscalité, avantage en nature et, pour l'électrique, infrastructure de recharge.
Ce que le TCO inclut, et ce qu'on oublie souvent
Quatre postes font la différence entre électrique et thermique : l'acquisition, l'énergie, la fiscalité de l'entreprise et l'avantage en nature du salarié. Les deux derniers sont les plus souvent sous-estimés, parce qu'ils n'apparaissent pas sur le devis du concessionnaire ou du loueur. Ce sont pourtant ceux où l'écart est le plus large en faveur de l'électrique.
Les hypothèses du webinaire
Le comparatif présenté par Evera repose sur deux paires de véhicules comparables : une citadine (Peugeot e-208 contre 208 thermique) et un SUV familial (Skoda Enyaq électrique contre Peugeot 5008 thermique). Les hypothèses sont communes aux deux paires : 125 000 km parcourus sur 5 ans, soit 25 000 km par an, une électricité à 0,25 € TTC le kWh, un carburant à 1,60 € TTC le litre, et 2 900 € de borne de recharge installée par véhicule électrique. Pour une vue annuelle en location longue durée sur un autre modèle, consultez aussi notre comparatif TCO voiture électrique vs thermique.
Acquisition : un surcoût de 4 000 à 4 600 € à relativiser
C'est le seul poste où l'électrique part perdant. Selon le webinaire, un véhicule électrique coûte 4 000 à 4 600 € de plus sur 5 ans qu'un équivalent thermique, en intégrant le prix d'achat et la valeur résiduelle à la revente. Ce surcoût reste réel, mais deux mécanismes fiscaux le réduisent dès l'achat.
Un plafond d'amortissement plus élevé pour l'électrique
Pour une entreprise soumise à l'impôt sur les sociétés, l'amortissement d'un véhicule de tourisme n'est déductible que dans la limite d'un plafond qui dépend de ses émissions de CO2. Ce plafond atteint 30 000 € pour un véhicule émettant moins de 20 g/km, donc pour un électrique, contre 18 300 € entre 50 et 160 g/km et seulement 9 900 € au-delà de 160 g/km. Sur un SUV comme l'Enyaq, cela représente jusqu'à 11 700 € d'amortissement déductible supplémentaire par rapport à un SUV thermique de même prix.
Malus : l'électrique y échappe, le thermique de plus en plus rarement
Depuis le 1er janvier 2026, le malus CO2 se déclenche dès 108 g/km et peut atteindre 80 000 €. Même une citadine comme la Peugeot 208 essence de 100 ch est désormais concernée, à hauteur de 260 €. Les véhicules électriques en restent exonérés. Depuis le 1er juillet 2026, ils peuvent en revanche être soumis au malus au poids s'ils n'obtiennent pas l'éco-score minimal : vérifier ce critère avant de commander devient indispensable.
Énergie : 2 100 à 3 400 € d'économies par véhicule
C'est le poste où l'écart se creuse le plus vite, et il se mesure au litre et au kilowattheure près.
Tableau comparatif du coût de l'énergie sur 5 ans
Source : webinaire Qovoltis x Evera. Calculs sur 5 ans, borne comprise, TVA récupérée déduite.
Même en intégrant l'achat et la pose d'une borne de recharge dès la première année, l'électrique reste gagnant sur l'énergie : le coût de la borne est amorti par l'écart de prix entre le kilowattheure et le litre.
Ce que change la hausse des carburants en 2026
Les hypothèses du webinaire sont prudentes. Au 18 septembre 2026, le SP95-E10 s'affiche en moyenne à 2,17 € le litre et le gazole à 2,39 €, un record historique. En recalculant le même tableau avec un carburant à 2,17 €/L, le coût total de l'énergie de la 208 thermique passe à 11 754 € et celui de la 5008 à 14 105 €. Le gain de l'électrique grimpe alors à 5 182 € sur la citadine et 7 116 € sur le SUV, soit plus du double des chiffres du webinaire, à prix de l'électricité inchangé. Autrement dit : plus le prix du pétrole est volatil, plus la flotte électrique protège le budget.
TVA : 100 % récupérable sur l'électricité, 80 % sur le carburant
Le tableau intègre un point souvent oublié. Pour un véhicule de tourisme, l'entreprise récupère 100 % de la TVA sur l'électricité de recharge, contre 80 % seulement sur le gazole et l'essence. Sur 125 000 km, cet écart de traitement joue lui aussi en faveur de l'électrique.
Recharge intelligente : le levier qui fait la différence
Le coût de l'énergie d'une flotte électrique n'est pas figé : il dépend de l'heure, du lieu et de la façon dont les véhicules sont rechargés. C'est ici que le TCO peut encore baisser, bien au-delà du simple remplacement d'un véhicule par un autre.
Recharger en heures creuses
Au tarif réglementé d'août 2026, le kilowattheure en heures creuses coûte environ 25 % de moins qu'en heures pleines. Programmer la recharge des véhicules la nuit, au dépôt ou au domicile des collaborateurs, suffit à capter cette économie sans changer les usages. Sur une flotte de 20 véhicules qui parcourent 25 000 km par an, cela représente plusieurs milliers d'euros chaque année.
Piloter la puissance plutôt que la surdimensionner
Brancher dix véhicules en même temps en fin de journée impose, sans pilotage, de souscrire une puissance électrique bien supérieure au besoin réel. Le pilotage dynamique répartit la puissance disponible entre les véhicules branchés, en fonction de leur besoin et de l'heure de départ. L'entreprise évite ainsi une hausse d'abonnement ou des travaux de raccordement coûteux.
Superviser pour éviter les immobilisations
Une borne en panne, c'est un véhicule qui ne roule pas le lendemain. La supervision à distance et la maintenance préventive détectent les défauts avant qu'ils ne bloquent un collaborateur. Pour estimer ces gains sur votre propre flotte, le calculateur ROI de recharge Qovoltis donne en 90 secondes le nombre de bornes recommandé, au bureau et au domicile, et les économies annuelles attendues.
Fiscalité de la flotte : 2 000 à 4 000 € d'écart en faveur de l'électrique
Selon le webinaire, la fiscalité fait gagner plus de 2 000 € sur une citadine et jusqu'à 4 000 € sur un SUV sur 5 ans. Trois dispositifs expliquent cet écart en 2026.
Taxes annuelles CO2 et polluants : exonération totale
Les deux taxes annuelles qui ont remplacé l'ancienne TVS, sur les émissions de CO2 et sur les polluants atmosphériques, ne s'appliquent pas aux véhicules 100 % électriques. Pour un thermique, elles s'ajoutent chaque année, et leurs barèmes se durcissent régulièrement.
Taxe incitative au verdissement : 18 % de véhicules à faibles émissions en 2026
Les entreprises qui disposent d'au moins 100 véhicules légers doivent atteindre 18 % de véhicules à faibles émissions dans leur flotte en 2026. En dessous, une taxe annuelle incitative s'applique, avec un tarif de 4 000 € en 2026 (contre 2 000 € en 2025) puis 5 000 € à partir de 2027, calculé sur l'écart à l'objectif. Chaque véhicule électrique intégré à la flotte réduit directement cette exposition. Pour les obligations liées au parking, voir notre article sur les obligations de bornes de recharge en entreprise.
ZFE : un accès aux centres-villes qui reste un enjeu
Le 21 mai 2026, le Conseil constitutionnel a censuré la suppression des zones à faibles émissions prévue par la loi de simplification. Les ZFE existantes restent donc en vigueur. Pour une flotte qui circule en ville, un véhicule électrique garantit l'accès aux zones concernées, quelles que soient les restrictions futures.
Avantage en nature : un gain pour l'entreprise et pour le salarié
Quand un véhicule de fonction est utilisé à titre privé, il constitue un avantage en nature soumis à cotisations pour l'entreprise et imposable pour le salarié. Pour un véhicule 100 % électrique mis à disposition entre le 1er février 2025 et le 31 décembre 2027, cet avantage bénéficie d'un abattement de 70 % dans la limite de 4 641,60 € par an en évaluation forfaitaire, sous réserve que le véhicule respecte l'éco-score minimal. Les frais d'électricité payés par l'employeur sont en outre exclus du calcul.
Selon le webinaire, ce double effet représente jusqu'à 7 000 € d'économies pour l'entreprise et jusqu'à 8 000 € pour le salarié sur 5 ans. Un argument de poids pour faire accepter le passage à l'électrique en interne. La borne installée au domicile du collaborateur n'est pas non plus un avantage en nature pendant la durée du contrat : tous les cas sont détaillés dans notre guide sur l'avantage en nature d'une voiture électrique et de sa borne.
Par où commencer pour électrifier sa flotte
Le webinaire présente le cas d'une PME qui a réduit le TCO de sa flotte de 34 % en quatre mois. Ce type de résultat repose rarement sur le seul choix du véhicule : il vient d'une démarche structurée en quatre étapes.
- Analyser les usages réels : kilométrage quotidien, retour au dépôt ou au domicile le soir, part des collaborateurs en maison individuelle. C'est ce qui détermine où installer les bornes.
- Choisir des véhicules éligibles à l'éco-score : c'est la condition de l'abattement de 70 % sur l'avantage en nature et de l'exonération du malus au poids.
- Dimensionner la recharge au bureau et à domicile : un collaborateur qui recharge chez lui la nuit coûte moins cher qu'une recharge sur le réseau public. Si le salarié est locataire, la procédure est détaillée dans notre guide sur l'installation d'une borne chez un salarié locataire.
- Piloter et mesurer : suivre la consommation par véhicule et par collaborateur, pour refacturer ou justifier chaque kilowattheure.
FAQ
Une flotte de véhicules électriques est-elle vraiment moins chère qu'une flotte thermique ?
Oui, sur la durée. Sur 5 ans et 125 000 km, le surcoût à l'achat de 4 000 à 4 600 € par véhicule est compensé par l'énergie (2 100 à 3 411 € d'économies), la fiscalité (2 000 à 4 000 €) et l'avantage en nature, selon le webinaire Qovoltis x Evera.
Quelles entreprises sont concernées par la taxe de verdissement de flotte en 2026 ?
Les entreprises qui disposent d'au moins 100 véhicules légers. Elles doivent atteindre 18 % de véhicules à faibles émissions dans leur flotte en 2026, faute de quoi une taxe annuelle incitative s'applique, avec un tarif de 4 000 € en 2026 puis 5 000 € à partir de 2027, calculé sur l'écart à l'objectif.
Combien coûte l'énergie d'un véhicule électrique de flotte sur 5 ans ?
Pour 125 000 km, borne comprise et TVA récupérée déduite, le coût total de l'énergie est de 6 572 € pour une Peugeot e-208 et de 6 989 € pour un Skoda Enyaq, contre 8 667 € et 10 400 € pour leurs équivalents thermiques avec un carburant à 1,60 €/L.
Quels avantages fiscaux pour un véhicule électrique d'entreprise en 2026 ?
Un véhicule 100 % électrique est exonéré des taxes annuelles CO2 et polluants et du malus CO2, bénéficie d'un plafond d'amortissement déductible de 30 000 €, d'une TVA récupérable à 100 % sur l'électricité et d'un abattement de 70 % sur l'avantage en nature, plafonné à 4 641,60 € par an.
Comment réduire le coût de recharge d'une flotte électrique ?
En rechargeant en heures creuses, environ 25 % moins chères que les heures pleines au tarif réglementé d'août 2026, en pilotant la puissance pour éviter de surdimensionner l'abonnement, et en privilégiant la recharge au dépôt ou au domicile plutôt que sur le réseau public.
Ce qu'il faut retenir
- Le TCO sur 5 ans, et non le prix d'achat, est le seul indicateur fiable pour comparer une flotte électrique et une flotte thermique.
- Le surcoût d'acquisition de 4 000 à 4 600 € par véhicule est compensé par l'énergie, la fiscalité et l'avantage en nature.
- L'énergie fait gagner 2 100 à 3 411 € par véhicule avec un carburant à 1,60 €/L, et plus de 5 000 € au prix de septembre 2026.
- En 2026, l'électrique cumule exonération des taxes annuelles, plafond d'amortissement de 30 000 €, TVA récupérable à 100 % et abattement de 70 % sur l'avantage en nature.
- La recharge intelligente (heures creuses, pilotage de puissance, supervision) est le levier qui permet d'atteindre jusqu'à 40 % de réduction du coût total.
Pour aller plus loin
- TCO voiture électrique vs thermique : le comparatif pour les pros
- Avantage en nature véhicule électrique et borne de recharge
- Borne de recharge au domicile d'un collaborateur
- Obligations de bornes de recharge en entreprise
- Calculateur ROI recharge pour flotte
- Solutions de recharge Qovoltis pour les entreprises
Sources et références
- Webinaire Qovoltis x Evera : Thermique vs électrique, comment réduire jusqu'à 40 % le coût total de votre flotte
- LégiSocial : avantage en nature véhicule 2026
- Service-Public Entreprendre : taxes sur l'affectation des véhicules de tourisme
- Compta-Online : plafonds de déductibilité des amortissements des véhicules de tourisme
- Drive to Business : taxe annuelle incitative relative à l'acquisition de véhicules à faibles émissions
- L'argus : malus écologique 2026
- L'argus : malus au poids 2026-2028
- Keobiz : récupération de la TVA sur les véhicules de tourisme
- Selectra : tarifs réglementés de l'électricité au 1er août 2026
- L'EnerGeek : le prix du gazole atteint un record (18/09/2026)
- Weka : le Conseil constitutionnel censure la suppression des ZFE
Article mis à jour en septembre 2026. Informations vérifiées à la date de publication. Les résultats du webinaire reposent sur les hypothèses indiquées et varient selon les véhicules, les usages et les prix de l'énergie. Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal.



