Mis à jour le 08/10/2026
Le malus poids a fait beaucoup parler de lui, et beaucoup de gestionnaires de flotte se demandent s'il faut encore l'anticiper pour leurs voitures électriques. La réponse pour 2026 est claire : les électriques ne paient ni malus CO2 ni malus poids, et c'est confirmé par la loi de finances pour 2026. Si vous avez lu des articles annonçant une taxation des électriques à partir de juillet 2026, ils décrivaient un projet qui n'a finalement pas été retenu.
Pour une entreprise, l'enjeu est concret : acheter ou louer des véhicules électriques sans surcoût fiscal à l'immatriculation, et pouvoir chiffrer son coût total de possession avec des règles qui ne bougent pas en cours d'année. Voici ce qui s'applique aujourd'hui, ce qui avait été prévu, et ce qu'il reste à surveiller.
Malus voiture électrique 2026 : une exonération totale
En 2026, une voiture 100 % électrique ne paie ni malus CO2 ni malus poids à l'immatriculation. Le malus CO2 est calculé sur les émissions du véhicule : une électrique affiche 0 g/km, donc 0 €. Le malus poids, lui, est calculé sur la masse en ordre de marche, mais la loi en exclut les véhicules électriques et à hydrogène (article L. 421-79 du CIBS, 2°, dans sa version issue de l'article 58 de la loi de finances pour 2026, en vigueur depuis le 1er mars 2026). Le principe est le même pour les particuliers et pour les entreprises.
Une exonération sans seuil de poids
Il n'existe aucun plafond : une citadine de 1 200 kg et un SUV électrique de 2 500 kg sont exonérés de la même manière. C'est précisément ce qui surprend, car le poids des batteries place de nombreux modèles électriques au-dessus de 2 tonnes, un niveau où un thermique de même masse serait taxé à 30 € par kilo au-delà de 2 000 kg, les kilos situés entre 1 500 et 1 999 kg étant taxés de 10 à 25 €.
Et les gros SUV électriques ?
Les SUV électriques lourds ne paient pas non plus de malus poids en 2026. La règle ne distingue pas les modèles : seule compte la motorisation. Pour une flotte d'entreprise, cela signifie qu'un véhicule électrique haut de gamme n'entraîne aucun surcoût fiscal à l'achat lié à sa masse. Les autres taxes et règles propres aux véhicules de société restent évidemment à vérifier au cas par cas.
Ce que prévoyait le projet de malus poids pour les électriques
La confusion vient d'un vrai texte. La loi de finances pour 2025, votée en février 2025, prévoyait de mettre fin à l'exonération des voitures électriques à partir du 1er juillet 2026. Jusqu'au vote de la loi de finances pour 2026, c'était donc bien la trajectoire en vigueur sur le papier, d'où les nombreux articles qui l'ont relayée.
Un abattement de 600 kg
Le mécanisme prévu accordait aux électriques un abattement forfaitaire de 600 kg sur la masse taxable (loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025, article 27). Le seuil de taxation de 1 500 kg se trouvait ainsi décalé à environ 2 100 kg pour ces véhicules : un modèle de 2 200 kg aurait été taxé sur 100 kg excédentaires, par exemple.
Quelles électriques auraient été concernées ?
Seules les électriques dépassant ce seuil et ne bénéficiant pas d'un éco-score suffisant auraient été touchées. L'éco-score mesure l'empreinte carbone du véhicule, c'est-à-dire la production des matériaux, l'assemblage et l'acheminement jusqu'au lieu de distribution, hors usage et fin de vie. Les véhicules « à faible empreinte carbone » qui atteignent le score minimum restaient exonérés. Le dispositif visait donc les modèles lourds dont l'éco-score est insuffisant.
Pourquoi cette mesure a été abandonnée
Le projet n'est jamais entré en vigueur. Lors de l'examen du budget pour 2026, cette mesure n'a pas été retenue, et la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) a abrogé la disposition prévue (article 58, qui a réécrit les articles L. 421-78 à L. 421-79-1 du CIBS). Les règles du Code des impositions sur les biens et services (articles L421-71 à L421-81-1) continuent de viser les véhicules thermiques et hybrides, pas les électriques.
Selon L'Automobiliste (3 février 2026), les raisons avancées sont le poids des batteries, qui place de nombreux modèles au-dessus des seuils, le ralentissement du marché électrique et le risque d'un « signal contradictoire » pour les constructeurs qui investissent dans l'électrification. Ces motivations sont relatées par la presse et non par le texte de loi.
Et en 2027 ? Ce que dit le projet de loi de finances
Le gouvernement a présenté le projet de loi de finances pour 2027 le 1er octobre 2026. Ce texte, enregistré à l'Assemblée nationale, ne remet pas en cause l'exonération des électriques. Son article 28 modifie l'article L. 421-79 du CIBS : « véhicule à faible empreinte carbone » devient « véhicule durable et résilient », sans changer l'exonération des électriques, prévue au 2° du même article. Son exposé des motifs indique que le Gouvernement « soutient la stabilité globale de la fiscalité automobile en 2027, en particulier pour les barèmes en vigueur ». Le débat parlementaire est en cours : le texte peut encore être amendé.
Plusieurs points méritent d'être suivis pour les entreprises :
- L'éco-score : l'article 28 du projet y ajoute un critère de résilience : un traitement moins favorable est réservé aux produits pour lesquels la Commission européenne a identifié une dépendance d'approvisionnement envers un pays hors Union européenne. L'exposé des motifs classe les batteries parmi les produits concernés (dépendance « objectivée »), avec 50 % des approvisionnements venant de Chine.**
- La TVA sur les véhicules mis à disposition d'un salarié contre un loyer : l'article 25 prévoit que, sous conditions, la base de TVA ne peut pas être inférieure à la « valeur normale » de la prestation, lorsque le loyer payé par le salarié ou le dirigeant est inférieur.**
- Les hybrides non rechargeables : en 2026, tous bénéficient de l'abattement de 100 kg, qu'il s'agisse des micro-hybrides (moins de 30 kW) ou des autres (30 kW et plus). La loi de finances pour 2026 supprime déjà cet abattement pour les micro-hybrides en 2027. L'article 25 du projet change seulement leur définition : les émissions de CO2 (125 g/km ou plus) remplaceraient la puissance.
Ces dispositions sont des propositions, susceptibles d'être modifiées lors des débats au Parlement.
Ce que cela change pour les flottes d'entreprise
Pour un gestionnaire de flotte, l'exonération simplifie le calcul : en 2026, aucun malus CO2 ni malus poids n'est à provisionner sur les véhicules électriques, quel que soit le modèle choisi.

Acheter ou louer sans malus
Que le véhicule soit acheté ou loué, la taxe est due lors de la première immatriculation. Pour une électrique, elle est nulle. Le prix d'achat ou le loyer n'intègre donc aucun supplément fiscal lié au poids ou aux émissions.
Et en location longue durée ?
En location longue durée, pour un véhicule thermique ou hybride, la façon dont le malus est répercuté au locataire dépend du contrat de location ; pour une électrique, il n'y a pas de malus. Aucun texte officiel ne traite ce point.
Un levier pour le coût total de possession
L'absence de malus s'ajoute à d'autres leviers déjà favorables aux électriques pour les entreprises. Pour comparer précisément les motorisations sur la durée de détention, notre analyse de la rentabilité des véhicules électriques en flotte d'entreprise détaille les postes à prendre en compte, de l'énergie à la maintenance.
Malus poids 2026 : ce qui s'applique aux autres motorisations
L'exonération des électriques ne vaut pas pour le reste du marché. Les véhicules thermiques et hybrides paient le malus poids dès 1 500 kg, selon un barème progressif : 10 € par kilo excédentaire entre 1 500 et 1 699 kg, puis 15, 20 et 25 € par tranche, jusqu'à 30 € par kilo à partir de 2 000 kg. Chaque tarif s'applique à la fraction de masse comprise dans la tranche.
Hybrides rechargeables et non rechargeables
Les hybrides rechargeables disposant de plus de 50 km d'autonomie électrique bénéficient d'un abattement de 200 kg, plafonné à 15 % de la masse du véhicule. En 2026, les hybrides non rechargeables bénéficient d'un abattement de 100 kg, qu'il s'agisse des micro-hybrides (moins de 30 kW de puissance électrique) ou des autres (30 kW et plus). La loi de finances pour 2026 supprime déjà cet abattement pour les micro-hybrides en 2027. Le projet de loi de finances pour 2027 change seulement leur définition : les émissions de CO2 (125 g/km ou plus) remplaceraient la puissance.
Tableau : le malus poids en 2026 selon la motorisation
Les exemples ne tiennent compte que du malus poids : le malus CO2 s'ajoute pour les véhicules qui émettent du CO2. Les utilitaires légers sont en grande partie hors de ce dispositif, sauf quelques pick-up et véhicules à trois rangées de sièges.
FAQ
Les voitures électriques paient-elles le malus au poids en 2026 ?
Non. En 2026, les voitures 100 % électriques sont exonérées du malus au poids comme du malus CO2, quel que soit leur poids, y compris pour les gros SUV. Le projet qui prévoyait de les taxer à partir du 1er juillet 2026 a été abandonné par la loi de finances pour 2026.
Pourquoi a-t-on autant parlé du malus au poids pour les voitures électriques ?
Parce que la loi de finances pour 2025, votée en février 2025, prévoyait de mettre fin à leur exonération dès le 1er juillet 2026, avec un abattement de 600 kg. De nombreux articles ont relayé cette annonce avant l'abandon de la mesure, ce qui a entretenu la confusion.
Comment ne pas payer le malus au poids ?
Le moyen le plus simple est de choisir une voiture électrique ou à hydrogène, exonérées en 2026. Les autres motorisations ne paient rien sous 1 500 kg. Au-dessus, les hybrides rechargeables disposant de plus de 50 km d'autonomie électrique bénéficient d'un abattement de 200 kg, et les hybrides non rechargeables d'un abattement de 100 kg en 2026. Les familles d'au moins trois enfants bénéficient aussi d'un abattement de 200 kg par enfant, limité à un seul véhicule d'au moins 5 places par foyer (article L. 421-81 du CIBS).
Quel est le tableau du malus au poids pour 2026 ?
Pour les véhicules thermiques et hybrides : 0 € sous 1 500 kg, puis 10 € par kilo excédentaire de 1 500 à 1 699 kg, 15 € de 1 700 à 1 799 kg, 20 € de 1 800 à 1 899 kg, 25 € de 1 900 à 1 999 kg et 30 € à partir de 2 000 kg. Chaque tarif s'applique à la fraction de masse comprise dans la tranche.
À partir de quel poids un véhicule thermique paie-t-il le malus au poids en 2026 ?
À partir de 1 500 kg de masse en ordre de marche. Cet abaissement du seuil s'applique depuis le 1er janvier 2026, avec des abattements pour les hybrides rechargeables (200 kg) et non rechargeables (100 kg).
Cette exonération peut-elle être remise en cause après 2026 ?
Le projet de loi de finances pour 2027, présenté le 1er octobre 2026, ne remet pas en cause l'exonération des électriques. Le débat parlementaire est en cours et le texte peut encore être amendé : il faut donc suivre son évolution avant de se prononcer sur 2027.
Ce qu'il faut retenir
- Les voitures électriques sont exonérées du malus CO2 et du malus poids en 2026, sans seuil de poids, gros SUV compris.
- Le projet de malus poids pour les électriques, prévu dès le 1er juillet 2026 avec un abattement de 600 kg, a été abandonné par la loi de finances pour 2026.
- Le malus poids s'applique aux thermiques et hybrides à partir de 1 500 kg, avec des abattements de 200 kg (hybrides rechargeables) et 100 kg (hybrides non rechargeables).
- Pour les flottes, acheter ou louer une électrique n'entraîne aucun malus à l'immatriculation en 2026.
- Le projet de budget 2027 ne remet pas en cause l'exonération des électriques, mais le débat parlementaire est en cours : l'article sera mis à jour après l'adoption du budget.
Pour aller plus loin
- Rentabilité des véhicules électriques en flotte d'entreprise
- Aides à l'installation de bornes de recharge en entreprise
Sources et références
- Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, article 58, Légifrance
- Loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025, article 27, Légifrance
- Projet de loi de finances pour 2027, articles 25 et 28 (texte déposé à l'Assemblée nationale le 1er octobre 2026), budget.gouv.fr
- Code des impositions sur les biens et services, articles L. 421-75, L. 421-77, L. 421-78, L. 421-79, L. 421-79-1 et L. 421-81, Légifrance
- Code de l'environnement, article L. 224-6-6 (empreinte carbone et éco-score), Légifrance
- L'Automobiliste, « Malus : pourquoi les voitures électriques restent exonérées en 2026 » (3 février 2026)
Article rédigé en octobre 2026 à partir des textes disponibles à cette date. Les informations sont vérifiées à la date de publication et ne constituent pas un conseil juridique ou fiscal. Le projet de loi de finances pour 2027 peut être modifié lors du débat parlementaire.


